Vittorio De Sica

Vittorio De Sica, entre fluidité et souplesse

« Filmer avec style une réalité non stylisée », tel était le programme initial du cinéma néo-réaliste transalpin. Parmi ses illustres représentants, Vittorio De Sica – dont on a commémoré en novembre dernier les 40 ans de la disparition -, qui le suivit scrupuleusement dans sa vie d’artiste, mais aussi dans sa vie d’homme, cherchant à vivre avec style une réalité non stylisée.

Devenu une icône parmi les icônes, chéri notamment du public français, à l’instar des plus grands d’Hollywood, qu’incarne donc ce Parthénopéen de cœur, au visage digne de l’Antiquité ?

C’est en évoluant sur les plateaux de théâtre puis de cinéma que Vittorio De Sica acquit promptement et avec justesse ce langage universel, l’image, qu’il maniait, derrière ou devant la caméra, avec une aisance patente, mettant un point d’honneur à ne jamais tomber dans l’excès et le leurre des faux styles. Pas de sophistication malvenue ni de fioriture vulgaire pour cet homme qui cherchait à plaire, mais tout au contraire une nonchalante douceur et une tenue d’esprit en complément à l’Habit, ultime armure contre les périls.

L’enfant aux origines modestes, devenu jeune homme et comédien, eut recours pour se vêtir aux services de Gennaro Rubinacci, et ce dès la genèse du salon de tailleur de ce dernier, installé via Filangieri (et à l’époque dénommé The London House). Il épousa ainsi définitivement l’âme stylistique napolitaine, entre simplicité et fluidité, devenue légendaire grâce aux deux grandes familles Attolini et Rubinacci.

Si le costume ne fait pas l’homme, l’inverse demeure vrai : De Sica était souple et facile, du moins en apparence… Il était en réalité fidèle à Naples, cité de passion, de raison comme de déraison. L’image qu’il nous livre a finalement très peu vieilli. Comparons-la avec celle des hommes d’influence italiens d’aujourd’hui, nous constaterons que la sartorialità a toujours le dernier mot.

Or, la sartorialità a horreur de l’excès.

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Photos, source : What’s left.

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