Via Montenapoleone

Via Montenapoleone : plus qu’une rue, un symbole

Difficile de passer par Milan sans céder, le temps d’une séance shopping, aux luxueux appâts de la via Montenapoleone (ou via Monte Napoleone), centre névralgique de ce qu’il est de coutume d’appeler il Quadrilatero della moda, porte-drapeau de la ville et plus généralement de l’Italie en matière de prêt-à-porter, de luxe et de joaillerie. Pendant milanais de la rue du Faubourg Saint-Honoré (bien que, en tant que marque ou « méta-marque », elle s’apparente davantage à l’avenue Montaigne ou aux Champs-Elysées), la via Montenapoleone commence au niveau de la via Monforte, voisine de la piazza San Babila, pour s’arrêter via dei Giardini. La ligne des remparts romains suivait autrefois le cours du Seveso, souterrain sur le côté impair. La rue doit son nom à un organisme bancaire chargé de gérer la dette publique, le Monte Camerale di Santa Teresa, bientôt abrégé en Monte. Fermée en 1786, la banque rouvrit en 1804 sous le nom de Monte Napoleone, donnant à la rue son nom actuel (c’est là que les autorités napoléoniennes accordaient les prêts). Du Milan des Sforza il ne reste guère de traces via Montenapoleone, la quasi totalité des immeubles ayant été reconstruits dans le style néoclassique au cours de la première moitié du XIXe siècle. Parmi les bâtiments remarquables, on retiendra le palazzo Melzi Cusano (numéro 18), qui abrite, outre la succursale du tailleur Rubinacci, un étonnant musée du rasoir. Au numéro 21 s’installait il y a plus d’un siècle l’un des plus célèbres bijoutiers de la ville : Annibale Cusi. Autres noms fameux dans les domaines de la joaillerie et de l’orfèvrerie : ceux de Faraone et de Buccellati, rejoints en 1929 par la famille Lorenzi (Coltelleria Lorenzi – un coutelier, mais oui ! A découvrir au numéro 9).

Si, dans l’entre-deux guerres, la via Montenapoleone était encore la rue des magasins d’antiquités, des tailleurs et des fournisseurs de cours royales, elle s’ouvre définitivement à la mode dans les années 1950. A chacun sa spécialité : Larus (Larusmiani) habille les politiques, les journalistes et les gens du show business, Bettina Rossi Arts Rosa se répand en dentelles ; quant au grand couturier Biki, ne lui doit-on pas la métamorphose de la Callas ? A partir de cette époque, les célébrités et la presse donnent un nouvel élan au quartier.

En 1951, Giovanni Battista Giorgini avait organisé à Florence le premier défilé de mode cent pour cent italien et lancé un style encore à naître. Mais très vite Rome avait raté le virage du prêt-à-porter, et de nombreuses maisons de couture (alta moda) avaient été contraintes de mettre la clef sous la porte. Milan, elle, pouvait compter à la fois sur la présence d’ateliers familiaux reconnus appelés à connaître par la suite un développement international (Gucci, Trussardi, Ferragamo) et sur la volonté de créateurs de talent venus d’un peu partout : Mariuccia Mandelli (Krizia), Franco Moschino, Gianni Versace, Giogio Armani, entre autres. Il n’en fallait pas moins pour façonner l’image d’une Mecque du savoir-faire italien. Pour ce faire fut créée en 2002 l’Association de la Via Montenapoleone, destinée officiellement à promouvoir le made in Italy, ainsi qu’à conforter la prééminence de Milan, capitale de la mode. Dans le même temps fut lancée une radio de rue diffusant à la fois des informations sur les tendances et une sélection de musique internationale. Puis ce fut au tour d’un guide publié en anglais, italien et russe. Au programme : organisation d’événements exclusifs, compte-rendu des inaugurations et des premières. Aujourd’hui, le Quadrilatero della moda est un ensemble très structuré, le seul exemple d’une telle concentation de boutiques de luxe dans un quartier historique. Ce qui explique sans doute que Milan se soit vue élire capitale de la mode en 2009 par le Global Language Monitor. Autres temps, autres moeurs.

Marques présentes via Montenapoleone

A. Testoni, Agnona, Alberta Ferretti – Philosophy, Angelo Galasso, Ars Rosa, Aspesi, Audemars Piguet, Baldinini, Bally, Bottega Veneta, Breguet, Bruno Magli, Buccellati, Bulgari, Burberry, Camper, Cartier, Celine, Corneliani, Cova, Cusi Montenapoleone, Damiani, Dior, Dior Homme, Drumohr, Emilio Pucci, Ermenegildo Zegna, Etro, Fabi, Faraone, Fedeli, Fratelli Rossetti, Frette, G. Lorenzi, Geox, Gioielleria Pederzani, Giorgio Armani, Giuseppe Zanotti Design Man, Giuseppe Zanotti Design Woman, Gucci, Hogan, Iceberg, Il Bacaro del Sambuco, Jaeger-LeCoultre, La Murrina, La Perla, Larusmiani, Loro Piana, Louis Vuitton, Mattia Cielo, Melegari e Costa, Montblanc, Nara Camicie, Officine Panerai, Omega, Paul & Shark Ladies-Cadets, Paul & Shark Men’s, Pennisi, Pisa Orolegeria – Patek Philippe Boutique, Pisa Orolegeria – Rolex Boutique, Prada Donna, Prada Uomo, Ralph Lauren, Rubinacci, Sabbadini, Salvatore Ferragamo Man, Salvatore Ferragamo Woman, Sergio Rossi, Simonetta Ravizza, Sutor Mantellassi, Swatch, Tosca Blu, Toy Watch, Valentino, Venini, Versace, Vertu, Vetrerie Di Empoli, Vierre, Villa Meissen.

Pasticceria Cova

Si vous passez via Montenapoleone, n’oubliez pas d’aller Caffè Cova déguster un espresso accompagné d’une des nombreuses patisseries maison (dont le très réputé panettone). Pour la petite histoire, la Pasticceria Cova fut fondée en 1817 par un soldat de Napoléon, Antonio Cova, à proximité de la Scala… et déplacée en 1950 juste en face de Larusmiani.

Pasticceria Cova (Caffè Cova)
Via Montenapoleone, 8
20121 Milano
Tél . : +39 02 76 00 55 99
E-mail : info@pasticceriacova.it.

Site : http://www.pasticceriacova.it.

Via Montenapoleone

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