La veste deux boutons et demi

La veste deux boutons et demi : l’Italienne et l’autre

Comment faut-il l’appeler ? « Veste deux boutons et demi » ? 2.5 jacket ? 3-roll-2 jacket ? Courante aux Etats-Unis, cette dernière dénomination renvoie à un classique du style Ivy League. Combien de costumes J. Press dont la veste est une 3-roll-2 ? Combien de blazers Brooks Brothers dont le bouton du haut ne se boutonne pas ? Combien d’Américains convaincus que ce type de veste est le meilleur compromis stylistique, toutes morphologies confondues, et suppose une présentation plus flatteuse, plus chic, qu’aucune veste trois boutons ? C’est l’uniforme urbain par excellence. Tout le monde ne peut pas être Woody Allen et porter hiver comme été des vestes en tweed.

veste deux boutons et demi, 3-roll-2 jacket

Il convient cependant de souligner que la veste deux boutons et demi n’est pas seulement d’origine anglo-saxonne. Rendons à César ce qui appartient à César, et à Vincenzo Attolini, considéré par beaucoup comme l’inventeur de la veste napolitaine, la paternité de cette veste tre bottoni strappato a due dont une photo suffit à faire comprendre qu’elle est très différente de ce qui se pratique outre-Atlantique. Car autant la 3-roll-2 jacket, le 3-roll-2 suit s’inscrivent dans une longue tradition de classicisme, voire de conservatisme, autant les modèles Attolini, avec leurs épaules dépourvues de rembourrage montées à la main, leurs poches barchetta et leurs revers de col à l’enroulé parfait, témoignent en faveur de l’aisance personnelle et de l’expression de soi. Vêtement de travail et esprit de corps contre liberté de l’individu, prêt-à-porter industriel contre finitions main (voire bespoke tailoring pour les plus chanceux), nous sommes quasiment face à des options idéologiques.

Veste trois boutons, veste deux boutons : pourquoi choisir ?

Longtemps, quiconque ambitionnait d’acheter un costume de ville ou une veste sport avait le choix entre une veste trois boutons et… une veste trois boutons. Il semblerait que ce ne soit plus le cas aujourd’hui. Symbole du style massif des années 1980 et 1990, les trois boutons sont mal vues. Elles conviennent bien pourtant aux personnes de grande taille, et peuvent se révéler élégantes, à condition bien sûr que le troisième bouton ne soit pas placé trop haut, autrement dit que le revers ne soit pas trop couvrant (ce qui a pour effet de faire paraître le col étriqué). Rappelons que sur ce type de veste, seul se boutonne le bouton du milieu.

Par comparaison, la veste deux boutons couvre moins la chemise et la cravate et met plus en valeur le torse, elle est donc moins discrète, potentiellement moins chaude, et suppose de ne boutonner que le bouton du haut.

veste deux boutons

Venons-en maintenant à la veste deux boutons et demi. Elle conjugue les avantages des deux précédentes. Mais alors que, s’agissant d’une veste napolitaine telle que celle expérimentée par Attolini, le troisième bouton est intégré, dissimulé dans l’enroulé du revers, donnant l’illusion d’une veste deux boutons, dans le cas d’une 3-roll-2, le revers se place ostensiblement sous le bouton du haut, qu’il n’est pas possible (ni souhaitable) de boutonner. Certes, l’Italienne et l’Américaine sont bien toutes les deux de fausses trois boutons, mais pour l’une, l’enroulé fait tout ; pour l’autre, il est comme dispensé d’effort.

veste deux boutons et demi, 3-roll-2 jacket

Ci-dessous, l’équilibre parfait : Cary Grant. Savile Row est passé par là.

veste deux boutons et demi, 3-roll-2 jacket

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