Stefano Cau

Stefano Cau : la soie est son métier

Au sens moderne et figuré, Stefano Cau est un iconoclaste : aucune matière, aucun dessin ne lui résistent, pour peu qu’ils lui permettent de réaliser de nouvelles cravates. Le métier de Stefano Cau ? La soie. Cet infatigable globe-trotter, né à Côme dans un environnement propice à la création, a fait ses armes à New York, où l’approche commerciale américaine l’a convaincu de faire valoir des choix plus radicaux. En marge de la production familiale, le voilà donc cherchant l’inspiration et son style du côté des Arts décoratifs, qu’il adore, et des années 1950-1960, formidable répertoire d’idées pour qui, comme lui, se refuse à séparer plaisir et vêtement. Tokyo fut sa seconde découverte, l’amour des Japonais pour la perfection une excellente raison de persévérer.

Un jour à Shanghai, un autre à Sidney, Stefano Cau est incapable de tenir en place. Il lui faut constamment de nouvelles destinations, de nouvelles rencontres, retrouver ici des amis, là quelque partenaire potentiel, pour mieux venir se ressourcer à Côme, où commencent en Italie toutes les routes de la soie.

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Les cravates Stefano Cau : de l’audace, de l’audace, du style et encore de l’audace

Pour connaître un peu Stefano Cau, je sais qu’il n’est pas homme à se laisser dicter sa loi par les usages. Depuis dix ans qu’il dessine ses propres collections, il s’est autorisé bien des écarts. Il n’en est pas moins vrai que de sa production pléthorique émergent des pièces de grande qualité introuvables ailleurs. Même si je ne suis pas fan de la géométrie pour la géométrie, j’avoue rester pantois devant ses mélanges de fibres, d’armures, ses twill madder, ses faux-unis, sans parler des jacquards, qui requièrent une vraie prise de risque (et sont donc un bonheur à associer). Par parenthèse, les cravates pastel et satinées de certains de nos politiques n’en dénotent aucune. De quoi s’agit-il ? Du plus petit commun dénominateur du goût. Aussi ne puis-je qu’encourager les lecteurs de MSS à faire preuve d’un peu d’initiative (ou d’enthousiasme). Et si, au lieu de ne pas porter de cravate le vendredi, vous optiez pour un modèle un tantinet plus libre ?

Histoire d’en mettre quelques-uns en appétit, je publie ici les photos de cravates signées Stefano Cau, très différentes dans l’esprit et la fabrication. Quant à savoir si la marque sera un jour distribuée en France… Pour l’instant, elle est surtout connue au Japon. Patience, donc…

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