Revue de presse, mars 2014

Les mois se suivent et ne se ressemblent pas. Il faudrait seulement que je parvienne à juguler le retard pris dans la rédaction de cette revue de presse. Cela nous éviterait, à terme, de voir deux mois consécutifs se chevaucher. Fort heureusement, l’actualité du mois de mars s’est révélée sensiblement plus riche que celle du mois précédent…

Ce que vous auriez pu rater en mars 2014

La guerre des marques et des emplacements à Milan

Les choses vont bon train à Milan. On dirait même que la partie de Monopoly géant à laquelle nous sommes désormais habitués soit en passe de s’accélérer. Après l’ouverture du flagship Hermès l’année dernière, le second en taille après celui du faubourg Saint-Honoré, après celle, tout aussi fastueuse, du flagship Loro Piana, particulièrement impressionnant, après le rachat du Caffè Cova par LVMH, après la fermeture définitive de G. Lorenzi, l’antique coutelier de la via Montenapoleone qui était bien plus qu’un coutelier, un lieu de pèlerinage pour gentlemen, nous apprenons que la Pasticceria Marchesi vient de changer de mains, acquise par… un certain Prada. Etrange, tout de même, ce goût soudain des grands groupes pour le panettone… On en viendrait presque à penser que la mode ne paie plus (je plaisante).

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Oui, je sais, j’aime bien manger…

La gigantesque boutique Loro Piana, via Montenapoleone, à Milan. Trois étages dédiés au cachemire sous toutes ses formes, y compris les plus inattendues.

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Séquence nostalgie : G. Lorenzi, temple de l’improbable. Chez G. Lorenzi, tous les objets avaient une fonction ; pas toujours évidente à deviner, mais une fonction quand même, et souvent, il faut le dire, une certaine beauté. La boutique a fermé ses portes en janvier 2014 après quatre-vingt cinq ans d’existence. De là à dire que l’emplacement intéresse quelqu’un… Nous devrions être fixés d’ici peu.

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C’était à lire dans :

The Rake

Un article sur Borsalino par Nick Scott ; un autre sur ces rakes of the Riviera qu’étaient Ali Khan, Gianni Agnelli et Porfirio Rubirosa, trois séducteurs invétérés qui n’en sortent pas forcément grandis.

Réservé jusqu’à présent aux abonnés, le magazine The Rake, lancé il y a cinq ans à Hong Kong, est désormais disponible dans toutes les bonnes librairies. Son fondateur, Wei Koh, s’est assuré par ailleurs une visibilité maximale à grand renfort de partenariats prestigieux. Ainsi, cette « voix moderne de l’élégance classique » (c’est le sous-titre de la publication) est dès à présent accessible aux clients de plusieurs hôtels de luxe (The Connaught à Londres, le Gritti Palace à Venise, le Mandarin Oriental à Paris, etc.) ainsi qu’aux happy few habitués à fréquenter les endroits exceptionnels (telle la piste d’essais Ferrari à Fiorano).

En attendant des traductions en russe et en japonais, ce premier numéro de l’ère « démocratique » fait sa couverture sur Antoine Arnault, directeur général de Berluti et président de Loro Piana, qui revient longuement sur son parcours et ses ambitions.

Le supplément Style du Corriere della Sera

Un article très opportun et très intéressant, tant sur le plan des tendances que sur celui de l’évolution des mentalités, consacré à la généralisation de la coupe slim voire carrément réduite. Pour rétablir l’équilibre, le magazine a eu l’excellente idée d’interroger des tailleurs sur ce que les grandes marques nous proposent/imposent depuis déjà un certain temps, et plus encore cette saison, en matière de style masculin. La mode est aux silhouettes longilignes, aux éternels jeunes gens capables de sauter dans un costume dessiné pour des éphèbes rachitiques. Acheter à sa taille ? Pourquoi pas ? Mais seulement à condition que cette taille ait été pensée pour paraître une à deux tailles de moins. D’où cette remarque un brin désabusée de Sergio Colantuoni, directeur artistique de Caruso : « C’est presque une anticipation de la crise, comme s’il n’y avait plus de tissu, quelque chose d’anxiogène comme au temps de la guerre, quand on faisait des costumes avec des chutes de tissus. Ce n’est pas de la créativité, mais presque un sens de la précarité ». Le résultat de cette folie ? Les costumes n’ont plus à s’adapter aux proportions des personnes réelles, c’est aux personnes réelles de s’adapter aux proportions de ce qu’on leur vend. Une aubaine pour les tailleurs, mais pour les autres ?

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