Pitti Uomo 84 : premier bilan

Et Florence inventa Pitti Uomo

Deux fois par an depuis maintenant 84 numéros se tient au cœur de la cité toscane ce que professionnels, blogueurs et fashionistas du monde entier regardent comme la grand-messe de la mode masculine, j’ai nommé Pitti Immagine Uomo. Pour faire bref, disons que Pitti Uomo est au vêtement masculin ce que Cannes est au cinéma. On y présente les collections de l’année suivante, c’est vrai, on y fait son marché auprès de marques venues du monde entier, c’est vrai aussi, mais surtout on s’y montre, d’où l’extraordinaire succès, en termes d’image, de ce qui autrement ne serait ne serait rien de plus qu’un salon professionnel un peu chic. Comme à Cannes, il y a des stars ; comme à Cannes, il y a des photographes ; comme à Cannes, le président fixe les orientations et juge si, oui ou non, cette énième cuvée sera un bon cru. Il convient donc à notre tour de poser la question : le Pitti Uomo 84 qui s’est terminé la semaine dernière a-t-il été un bon cru ?

Pitti Uomo 84pitti-uomo-84-milanese-special-selectionPitti Uomo 84

Premier point à signaler : même si leurs perspectives de vente sont en net repli du fait des difficultés économiques que connaît actuellement l’Italie, les Italiens sont ici dans leur élément et continuent à mener le bal. Pour s’en convaincre, il suffit de s’égarer parmi le millier d’exposants présents, ou de compter les blazers d’été, tous ces bleus francs qui font la joie des photographes et des acheteurs asiatiques, particulièrement friands de couleur et de style napolitains. Sur certains stands, l’esprit festif propre à Pitti Uomo louchait du côté du folklore. Ainsi du stand Isaia. On n’a pas si souvent l’occasion de voir le directeur de l’une des maisons italiennes les plus en vue recevoir ses clients en costume et tongs blanches, au son de vieux airs napolitains joués par des musiciens spécialement apprêtés. Autre exemple neuf : le stand Ernesto et ses armoires géantes remplies de vestes flashy pour jet-setters (voir photo). Au milieu de ce foisonnement de couleurs et de motifs, les observateurs les plus aguerris auront noté cependant un certain retour au classicisme (les journalistes, eux, parlent de « recul de la créativité »). Signe des temps, peut-être. Signe aussi que Pitti Uomo est moins hypeux que d’autres foires internationales. Quoi qu’il en soit, les imprimés ont, semble-t-il, délaissé les allées du salon, ce dont, pour ma part, je ne peux que me réjouir.

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Dans notre top 5 des marques à suivre, signalons tout d’abord le Japonais Camoshita (United Arrows), pour ses associations au cordeau, Salvatore Piccolo, le chemisier napolitain ultra-pointu qui propose désormais des vestes à l’esprit très swinging London, Luciano Barbera, pour ses vestes sport d’un confort et d’une légèreté remarquables, Altea, pour son sportswear frais et coloré, et Finamore, autre chemisier napolitain dont nous reparlerons prochainement.

Pitti Uomo 84, c’est fini. L’édition 85 se prépare maintenant. La grande leçon de Pitti Uomo n’est pas une leçon de mode, mais de style. Lequel, comme on sait, se construit lentement, parfois à ses dépens.

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