Maison Sirven, tailleur à Paris

Maison Sirven, la grande mesure dans le sillage de Francesco Smalto

Sur le poêle prussien de l’atelier, ni cachés ni exhibés, quelques livres. Deux – ce n’est pas un hasard – sont consacrés à Francesco Smalto. Un coup d’œil alentour, tant sur les vestes en cours que sur celles en attente d’être livrées, suffit à comprendre l’admiration que vouent au génie calabrais de la coupe les fondateurs de Maison Sirven.

Aïdée et Florian Sirven se sont rencontré une première fois lors d’une réunion de jeunes tailleurs, une seconde chez Francesco Smalto, ne se sont plus quittés depuis – pour finir par se lancer dans l’aventure de la grande mesure ensemble début 2016.

Petit récapitulatif des faits. Jurassien d’origine, Florian Sirven tombe par hasard à l’âge de 24 ans sur un article de M. Guilson déclarant son intention de créer une école pour apprentis-tailleurs. Il s’inscrit aussitôt sur la liste d’attente. Passés les dix mois de cours vient le moment des stages (le premier aura lieu chez chez Camps de Luca, le second chez Claude Rousseau). Hélas, trois fois hélas, l’A.F.T. naissante, si elle a le mérite d’offrir un cadre aux aspirants tailleurs, ne permet pas de devenir efficace du jour au lendemain, et encore moins de décrocher un emploi. Après six mois de démarches vaines, le jeune impétrant décide donc de prendre le chemin de l’A.I.C.P. (l’Académie Internationale de Coupe de Paris, dirigée par M. Vauclair), filière coupe/moulage Femme, afin d’être engagé en apprentissage – ce sera chez Smalto. Son premier CDI lui vaudra d’être coupeur. Sous les ordres de Didier, Florian continue d’apprendre. Lorsque Kenjiro Suzuki, après quatre ans passés aux patronages, décide de voler de ses propres ailes, c’est lui qui est appelé à le remplacer. Il restera premier coupeur pendant cinq ans, endossant en outre le rôle de chef d’atelier la dernière année.

Par comparaison, le parcours d’Aïdée Grau apparaît presque plus classique. Fille de costumière (pour le théâtre), la jeune femme nourrit depuis l’enfance une passion pour le vêtement d’époque. Après avoir envisagé de travailler pour le cinéma, elle s’inscrit en BEP tailleur, passe le CAP tailleur la même année, et enchaîne les stages (Gabriel Gonzalez, David Diagne, Maison Brano). A l’issue de l’A.F.T., elle est engagée chez Lanvin comme saladeuse (pour mémoire, le saladeur est la personne qui prépare la bûche, ou cartouche du tailleur, de manière à organiser le plus efficacement le travail des ouvriers de l’atelier), poste qu’elle occupera également chez Smalto de 2013 à 2015.

Les présentations étant faites, passons maintenant au cœur du sujet.

À la rencontre des fondateurs de Maison Sirven

Une prise de mesures avec essayage sur toile-gabarit (même principe que chez Francesco Smalto, Camps de Luca et Brahim Bouloujour), un patronage individuel, rectifié après essayage, un dessous de col et un revers personnalisés, une bûche on ne peut plus rationnelle et précise, tout cela dans un cadre aux allures de laboratoire, Aïdée et Florian Sirven se sont donné les moyens de leurs ambitions. Côté façon, la veste est souple, fluide, avec – et c’est un point remarquable, tant les tailleurs actuels ont tendance à vous livrer des pulls en tissu – une vraie tenue. Les finitions sont fines et méticuleuses (on n’en attendait pas moins). Côté coupe, l’éventail est très large, plus large en tout cas que ce laisseraient supposer les choix assez canoniques des clients qu’il m’a été donné d’observer. À ce sujet, une remarque s’impose : bien que nous ayons tous une idée assez précise de ce qu’était le style Francesco Smalto, il convient de souligner que monsieur Smalto lui-même n’était inféodé à aucun code, pas même le sien. Tailleur au sens plein du terme, il se pliait aux goûts de la clientèle et à ses contraintes morphologiques. Il en va de même pour Maison Sirven, dont l’inspiration première n’épuise pas la variété des talents. Un mot enfin sur la lavorazione, la mise au point de la veste : passée la première commande (intégralement traitée en interne, pour des raisons que l’on devine aisément), toutes les opérations sont faites sur place, à l’exception du montage du col et du montage des manches, confiés à des apiéceurs extérieurs. Quant à la réalisation des pantalons, comme partout ailleurs depuis des décennies, elle échoit à des culottiers expérimentés, le patronage et la coupe étant le fait de Florian. Décidément, la transparence est totale.

Aïdée et Florian Sirven vous reçoivent 33, rue de l’Arcade 75008 Paris, et sont joignables au 06 74 25 08 25. Demandez-leur le vêtement de vos rêves. Ils se feront une joie de lui donner forme.

Tarifs moyens : compter 3500 euros pour une veste seule, 5000 euros pour un costume deux pièces (étant entendu qu’à ce prix, il est possible de piocher dans une très large gamme de tissus anglais et italiens allant du Super 120’s au Super 180’s).

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