Diabolik

Diabolik, prince du crime et du kitsch

Il a eu cinquante ans l’année dernière, et cependant son succès ne se dément pas, Diabolik, le héros cagoulé créé en 1962 par Gino Marchesi à l’initiative des sœurs Angela et Luciana Giussani, promoteurs des fumetti neri (« fumées noires », en italien), ces bandes dessinées au format de poche destinées aux banlieusards contraints de prendre le train tous les jours, n’en finit pas de voler, de tuer, d’ourdir contre les riches les plus terribles machinations, et tout cela au nom… de son plaisir personnel ou de celui de sa maîtresse. D’aucuns voient en lui une sorte de Robin des Bois en plus violent ; ses origines sont plutôt à chercher du côté de Fantômas, le personnage noir créé par Souvestre et Allain, avec lequel il partage le goût des masques. Aidé de sa partenaire et complice Eva Kant, blonde sculpturale dont le rôle s’étoffe au fur et à mesure des épisodes, il défie la police, l’ordre, mais aussi la mafia, qui menace ses intérêts. Sa combinaison est légendaire, au même titre que sa Jaguar Type E ou son adversaire de toujours, l’inspecteur Ginko, perpétuellement à ses trousses. Son personnage de malfaiteur sans scrupules lui a longtemps valu d’être censuré, en France mais aussi en Italie.

Diabolik, Eva KantDiabolik

Diabolik a eu successivement pour dessinateurs Gino Marchesi, Sergio Zaniboni, Edgardo Dell’Acqua, Paolo Ongaro, Alarico Gattia, Lino Jeva, Floriano Bozzi, Franco Paludetti (entre autres).

Diabolik, le site officiel : http://www.diabolik.it.

Danger, Diabolik!

Diabolik sur grand écran

Danger, Diabolik!

Dessins animés, jeux video, objets dérivés, Diabolik aura connu au fil des années toutes les déclinaisons possibles. Sa carrière culmine en 1968 avec l’adaptation cinématographique de ses aventures, Danger, Diabolik!, film de Mario Bava produit par Dino De Laurentiis (à qui l’on doit également Barbarella et Conan le Barbare), monument de sous-culture pop dont les audaces esthétiques font sourire, de même que la cultissime scène d’amour sur un lit de billets – tournant. Oui, Danger, Diabolik! était un film à gros budget au moment de sa sortie, et oui, aussi surprenant que cela paraisse, des spectateurs l’ont vu au premier degré. Au générique, on retrouve John Philip Law dans le rôle-titre, Marisa Mell dans le rôle d’Eva Kant, et, dans celui de l’inspecteur Ginko, un Michel Piccoli étonnamment flegmatique. Parmi les hommages au film de Mario Bava, citons bien évidemment CQ, de Roman Coppola (2001), ainsi que le clip des Beastie Boys, Body Movin, à mi-chemin entre citation et parodie.

Danger, Diabolik!Danger, Diabolik!

En bonus, Deep Down, la bande originale de Danger, Diabolik!, signée Ennio Morricone.

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