Derby deux œillets par Herring Shoes

Un temps maussade, une envie de campagne inopinée, il n’en fallait pas plus pour me décider à tester ma nouvelle paire de derbys – et à faire entorse à l’habitude prise ici de ne parler que de fournisseurs italiens, puisque ladite paire est cent pour cent made in the United Kingdom et joue plutôt la carte de l’understatement que celle de l’omniprésente sprezzatura (défendue sur ce site avec obstination).

Herring Shoes, une boutique devenue marque à part entière

Spécialiste de la vente en ligne de chaussures haut de gamme, Herring Shoes est à la fois une marque et un détaillant. Depuis sa création en 1966, certaines des marques que la société distribue sont devenues également ses fournisseurs. Les modèles sont répartis autour de quatre gammes : Herring 1966 (tout en haut), Herring Premier (des modèles dessinés par le propriétaire, Adrian Herring, et réalisés par de grands noms de la chaussure anglaise : Cheaney, Sargent, pour les plus connus), Herring Classic (un cousu Goodyear d’un excellent rapport qualité-prix principalement produit dans le Northamptonshire) et Herring Continental (premier prix compétitif fabriqué hors de Grande-Bretagne, en Espagne et au Portugal).

Le derby William II par Herring Shoes, un deux œillets tout en finesse

Le derby, moins formel que le richelieu, se distingue de celui-ci par le montage du laçage, cousu sur l’empeigne. Comme l’exprime très bien Bernard Roetzel, « la partie de la chaussure qui recouvre le cou de pied et les orteils forme une seule pièce et se prolonge par la languette » (Bernard Roetzel, L’Eternel masculin). Très fin esthétiquement, le derby deux œillets offre un compromis intéressant entre discrétion et originalité – si bien qu’on peut regretter de ne pas en voir porter plus souvent.

L’atelier Alfred Sargent, où est produit notamment le derby William II.

British inspiration, mais pas que

Avec quoi associer des chaussures en veau velours ? À peu près tout, selon moi, à condition que lesdites chaussures soient de qualité. C’est là que parle mon goût italien. Il n’est guère qu’en Angleterre ou aux Etats-Unis où il soit interdit de porter un costume de ville avec des chaussures daim. Autre interdit, largement battu en brèche par les Italiens (par les Espagnols également, et parfois aussi certains Français) : l’association bleu/marron. Il n’est pas rare à Milan de voir des hommes arborer un costume bleu foncé avec des mocassins marron en veau velours (certains allant jusqu’à privilégier des chaussettes bordeaux). Dans le cas présent, j’ai choisi de respecter le caractère casual du derby en me cantonnant à une flanelle grise. La cravate, inspirée des regimental ties, est en cachemire et trouve à s’accorder avec le motif caviar des chaussettes. Un contraste fort, inconcevable dans le cas d’une tenue plus habillée, relie chaussures, chaussettes et pantalon. Le pull de criquet en cachemire à dominante chocolat complète assez naturellement l’ensemble. Il ne me reste plus qu’à repasser une chemise blanche et à partir essayer mes derbys.

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Pantalon Sartoria Parma per Al Bazar Milano, pull-over Old England, chaussettes Mazarin Grand Faiseur, chaussures Herring.

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2 Responses to Derby deux œillets par Herring Shoes

  1. Burton dit :

    Bonjour,

    Votre article est très intéressant.
    Puis-je vous demander de quelle maison provient votre cravate.

    Merci.
    B.

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