De Petrillo, collection Printemps-Eté 2016

De Petrillo Napoli : vous avez dit « veste napolitaine » ?

Après ma visite de l’atelier De Petrillo Napoli (c’était en mars dernier), je ne pouvais faire moins que vous présenter la prochaine collection de cette jeune marque extrêmement prometteuse – collection Printemps-Eté 2016, donc, riche de nombreuses nouveautés à découvrir l’année prochaine en boutique. Mais d’abord, qu’il me soit permis de glisser un petit mot sur la vague d’italianisme qui s’abat actuellement sur la France – sur la France ou plutôt sur le Web francophone, car, à ce jour, les rues de Paris et leurs célèbres embarras ne m’ont pas (encore) permis de constater un effort vestimentaire significatif de la part de la gent masculine française.

Les progrès de l’information (et de la désinformation) aidant, tout un chacun peut aujourd’hui prétendre commercialiser des vestes « napolitaines », ou, pour ceux qui préfèrent, spalla camicia (puisque l’expression est devenue d’usage courant*), si bien qu’il en existe à la vente une variété presque infinie. Certaines sont confectionnées au Portugal, d’autres en Roumanie ou en Pologne, une part non négligeable en Chine, une autre au Maroc ; il se murmure même que certaines seraient réalisées, tenez-vous bien, à Naples. Question : est-il raisonnable de comparer une veste Attolini vendue plusieurs milliers d’euros (Vincenzo Attolini passant par ailleurs pour « l’inventeur » de la veste napolitaine), une veste Lubiam (dont je suis le premier à reconnaître le bon rapport qualité-prix) et la « même » veste (peu importe la marque) confectionnée à bas coût en Europe ou ailleurs ?

Certes, une veste napolitaine est d’abord une veste dotée d’une épaule dite napolitaine (voir notre article ici), laquelle épaule se caractérise par l’absence d’embu et l’absence d’épaulette (c’est la raison pour laquelle il est d’usage de la déconseiller aux hommes dotés d’épaules tombantes) ; mais c’est aussi une veste dont le drapé exige des efforts et des compétences particuliers, compte tenu de la légèreté de sa construction. Au moment du choix, mieux vaut garder cet élément à l’esprit si on ne veut pas donner l’impression d’avoir passé la nuit dans sa veste.

* Au même titre que le mot sprezzatura, dont il est peut-être bon de préciser que, pendant longtemps, il n’a été employé que par les non-Italiens.

De Petrillo Napoli, collection Printemps-Eté 2016 : l’été sera habillé ou ne sera pas

Et maintenant, place aux images ! Comme l’explique parfaitement Benedetto De Petrillo, dans l’expression giacca spalla camicia, certains ne retiennent que le mot « chemise », alors que c’est le mot « veste » qui doit prévaloir. Même si ce type de veste peut paraître plus sommaire qu’une veste dite traditionnelle, et donc plus facile à réaliser, n’oublions pas qu’à l’origine il est le fait de tailleurs sur mesure ; la mode s’en est emparée tardivement, au prix de simplifications parfois hasardeuses. Or, quand bien même il ne s’agirait « que » d’une veste sport, on ne saurait faire l’impasse sur certains détails, et encore moins sur une certaine authenticité.

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6 Responses to De Petrillo, collection Printemps-Eté 2016

  1. Guilhem dit :

    Laurent,

    Un petit coup de sang peut être?
    Merci pour cette mise au point et c’est photo. Cet atelier est vraiment très intéressant.

    Guilhem

  2. Guilhem dit :

    … et merci de corriger ma monstrueuse faute… Satané téléphone!

  3. Xavier dit :

    A en croire les nombreux blogs et autres tumblr, les rues de France et d’Italie seraient peuplées d’hommes élégants. Même si tout le monde s’accorde à dire que l’Italie est aujourd’hui le pays de l’élégance, je n’ai pas le souvenir d’y avoir croisé beaucoup d’individus vêtus de veste napolitaine. Il y a sans doute un profond décalage entre la masse de photographies publiées sur des sites comme « agnelliesque », et une certaine réalité, plus monotone. Certains semblent avoir oublié que l’Italie et la France sombrent jour après jour dans une misère sans fond. Les Italiens ont sans doute mieux à faire que de dépenser plusieurs milliers d’euros pour une simple veste.

  4. Guilhem dit :

    @Xavier : Je suis d’accord avec vous sur le fond, puisque je reviens de Rome sans avoir croisé pas plus de 3 « d’élégants » dans les rue… Et encore près de la piazza di spagna donc normal… Je pense tout de même que l’élégance n’est pas qu’une question de prix. Et après tout peut importe les considérations financières. Je ne suis pas un grand bourgeois bien que je gagne correctement ma vie, mais plutôt que de mettre 400€/an dans 8 chemises « pap » type celio Jules qui ne ferons qu’une voire deux saisons, je préfère acheter 3 chemises Antica Camiceria. Mon budget explose t’il pour autant? Non!

    Le problème est que l’éducation sartoriale des hommes est à reprendre à la base. Je ne suis pas sûr que « acheté moins mais mieux » soit plus onéreux… Quand à sombrer dans une « misère sans fond », n’écoutez pas trop les médias, car la réalité de la vie fait que nous ne sommes pas si malheureux (je ne dis pas que la misère n’existe pas en France comme en Italie attention!).

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