Ce que chemise veut dire : Luigi Borrelli

Luigi Borrelli, tailleur à Naples depuis 1957

Dans le cadre d’une série d’articles consacrés à l’art de la chemise, nous avons choisi de nous intéresser aujourd’hui à Luigi Borrelli, considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs chemisiers au monde.

Qu’est-ce qui distingue une chemise Luigi Borrelli, reflet de la tradition tailleur (« sartoriale »), d’une chemise industrielle ? Parler du temps passé ne suffit pas. Certes, dès lors qu’elle a reçu les différentes pièces de tissu découpées à la machine et nécessaires à son travail, il faut environ 3 heures à une ouvrière spécialisée pour confectionner une chemise cousue main, contre 15 à 20 minutes dans le cadre d’opérations automatisées. Mais les différences ne s’arrêtent pas là. Car si une chemise industrielle requiert moins de temps, c’est d’abord parce que les techniques employées sont plus frustes et témoignent d’une absence d’ingéniosité. Prenons les éléments un par un. Chez Luigi Borrelli, les boutonnières sont brodées à la main, le col, cousu à la main, et monté en libre. A la naissance du poignet, le travetto est brodé à la main, l’emmanchure, cousue à la main, en couture anglaise, comme le reste, et décalée. L’emmanchure décalée crée une légère asymétrie entre la manche et le corps de la chemise, permettant d’éviter les bourrelets de tissu sous les manches (pour un meilleur confort, une plus grande aisance dans les mouvements, et, accessoirement, une plus grande facilité de repassage). Les boutons Mother of pearl (nacre d’Australie de qualité supérieure) sont cousus à la main, en flèche (zampa di gallina, littéralement en « patte de poule »), la patte, le quarto spalla et la mouche également (pour mémoire, ce que les Italiens appellent la mouche désigne l’hirondelle de renfort, autrement dit le petit triangle de tissu (ici en taffetas de soie) visant à solidifier la jointure entre les pans avant et arrière de la chemise. Le résultat est à la hauteur de l’expérience accumulée : oubliée la rigidité des chemises produites à la chaîne, la souplesse du vêtement est optimale.

A suivre : un petit lexique italien/français consacré aux aspects techniques de la chemise.

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