Aubercy 1935, Paris

Aubercy, Paris : des chaussures de qualité dont la qualité ne se dément pas

Pour ce premier article consacré à la maison Aubercy (pour une fois, le mot « maison » sera employé à bon escient), j’ai pris le parti d’occulter la grande mesure, pour ne parler « que » du prêt-à-porter et du Made-to-Order, afin de ne pas rajouter à la confusion d’une offre pléthorique partagée entre élégance classique et fantaisie débridée.

J’ignore pourquoi, Aubercy a longtemps pâti dans les rares médias spécialisés d’une forme d’ostracisme, pour ne pas dire de snobisme inversé. Alors que la marque Corthay accédait à une reconnaissance mondiale, servie en cela par quelques thuriféraires patentés, alors que la tribu Green s’étoffait au rythme du nombre de pages de Styleforum, alors que Carmina, lentement mais sûrement, se faisait connaître et reconnaître d’une poignée de curieux et de connaisseurs, Aubercy paraissait condamnée à une image contradictoire. Appréciée d’un petit nombre d’initiés formant le noyau dur d’une clientèle fidèle, elle paraissait négliger de promouvoir ses atouts – des atouts qui n’ont quasiment pas changé depuis sa création en 1935 – tandis que la presse, de son côté, feignait de ne pas les voir. D’où la question : et si Aubercy était la dernière marque française de chaussures de qualité ? La semaine dernière, je suis allé à la rencontre de Xavier Aubercy, qui a accepté de répondre à mes questions avec la franchise et la passion qui sont les siennes. De quoi jeter un regard neuf sur un métier en pleine transformation.

Aubercy 1935, Paris - derby une boucle, modèle TerrenceAubercy 1935, Paris - richelieu 5 oeillets, modèle TaylorAubercy 1935, Paris - richelieu, modèle Aura

Rencontre avec Xavier Aubercy

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Comment les choses ont-elles commencé pour Aubercy ?

Xavier Aubercy – Par des rencontres, comme toujours en pareil cas. Celle de mon grand-père, André Aubercy, avec Arturo López (Arturo José López Willshaw), le millionnaire chilien, dandy connu du Tout-Paris, a été prépondérante. Les deux hommes avaient en commun le goût du beau. Mon grand-père lui montrait ses trouvailles : des Tuczek, des Cleverley, des Lobb, glanées au gré de ses voyages. Auvergnat d’origine, orphelin de naissance, il était monté à Paris pour se donner un destin et avait fait le Bataillon de Joinville. À ce titre, il donnait des cours de gymnastique à des particuliers qui allaient devenir par la suite ses premiers clients. Il était mû par le désir d’entreprendre. Lorsqu’il a rencontré ma grand-mère, Renée (qui, elle, travaillait déjà dans la chaussure, mais pour d’autres), il lui a très vite proposé d’ouvrir leur propre magasin, à contre-courant de la tendance. À l’époque, seul Weston proposait du prêt-à-chausser. Les gens allaient chez le bottier, qui ne coûtait pas très cher. Un marché s’esquissait à peine. Mon grand-père avait une idée très précise de ce qu’il voulait : les formes, le style, la construction… Il s’est donc mis en quête d’ateliers autour de Paris et a essayé de vendre une chaussure de grande qualité à un prix abordable. Il s’est installé rue Vivienne pour essayer de capter la clientèle de la Bourse. Le succès a été au rendez-vous.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Il a véritablement éclaté après la Guerre.

Xavier Aubercy – Au plus fort de l’activité, autrement dit dans les années 1960, nous vendions 13 000 paires de chaussures par an. Le samedi de Pâques, il y avait la queue sur le trottoir, nous devions distribuer des tickets et des boissons pour faire patienter les clients. Lesquels clients savaient qu’ils achetaient chez nous le meilleur rapport qualité-prix de la capitale. Un rapport qualité-prix qui perdure, même si le coût d’un beau soulier a considérablement augmenté.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Même si vous possédez depuis quelques années votre propre atelier de botterie, Aubercy n’a jamais cherché à être autre chose qu’une marque, c’est-à-dire, notamment, un donneur d’ordres. Comment a évolué la relation avec vos sous-traitants ?

Xavier Aubercy – Au milieu des années 1950, les ateliers parisiens ayant fermé, nous avons été contraints d’aller chercher un sous-traitant ailleurs. Mon grand-père considérant que les chaussures anglaises en prêt-à-chausser manquaient de raffinement, et que par ailleurs la taille des ateliers anglais ne servait pas aussi bien le travail artisanal qui avait été son point de départ, s’est tourné vers l’Italie où les problèmes étaient un peu différents (manque de solidité, imperméabilité douteuse, bref, ce qui faisait aussi la réputation de la chaussure italienne de ces années-là). Fort heureusement, il a réussi à travailler avec la Zénith, une « danseuse » qui coûtait tellement d’argent à son propriétaire que l’usine a fini par fermer. Ensuite, il est allé à Romans, puis à Parme où il a trouvé un excellent sous-traitant. La collaboration a duré vingt ans – là encore, jusqu’à la faillite : le propriétaire avait des ambitions démesurées pour sa propre marque. De là, nous avons rencontré notre sous-traitant actuel. Nous lui avons apporté des choses, le chaussant, les formes, il nous en apporté d’autres en retour. Puis nous avons commencé à réaliser des commandes spéciales. En 2004, nous avons fait une première incursion dans la grande mesure en engageant quelqu’un à demeure, mais l’expérience s’est révélée infructueuse et nous nous sommes résignés à fermer l’atelier cinq ans plus tard. Cet échec n’a pas entamé notre détermination. Je connaissais Yasuhiro Shiota depuis sept-huit ans. Comme la place était déjà pourvue à l’époque, il était parti travailler chez un confrère où il a appris beaucoup. Je suis très heureux du travail que nous accomplissons ensemble depuis deux ans. Les patronages sont beaux, les essayages donnent entière satisfaction. Nos efforts sont enfin pleinement récompensés. Par ailleurs, et ce toujours pour aller au bout de notre philosophie, nous avons transformé le magasin de la rue de Luynes en cordonnerie à l’ancienne, en collaboration avec notre cordonnier historique, François, qui, jusque-là, habitait Montpellier. Notre but était d’être autonomes et de faire les réparations que l’on voulait faire, au plus près possible de notre métier et de nos valeurs.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Compte tenu de l’esprit qui vous anime, pourquoi avez-vous choisi de vendre des chaussures de luxe cousues Blake ?

Xavier Aubercy – Jusque dans les années 1970, nous vendions 50% de Blake, 50% de Goodyear. Au fond, tout cela ne veut pas dire grand-chose. Pour moi, la construction d’une paire de chaussures n’est pas un gage de qualité. Il est possible de trouver des Goodyear à 40 euros la paire de chaussures, à 60 euros les deux paires. Un cousu norvégien qui ne peut être que cousu main, oui, d’accord, mais pour le reste, un Goodyear tel qu’il est pratiqué par 98% des marques à l’échelle mondiale, tel qu’il a été repris par un certain nombre de bottiers qui se sont discrédité en collant des murs de gravure en coton infâmes sur des murs eux-mêmes infâmes ne vaut pas mieux qu’un Blake. Par ailleurs, il faut mentionner une évolution du pied depuis une quinzaine d’années. L’arrivée de Tod’s et celle de Berluti dans mon domaine d’activité ont habitué les gens à porter des pantoufles de ville. De ce point de vue-là, le Blake présente un intérêt.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Donc ma question n’est pas paradoxale ? Mieux vaut un Blake monté main comme celui que vous proposez qu’un Goodyear cousu machine ?

Xavier Aubercy – Absolument. Dans la mesure où les cuirs de semelle sont les mêmes, les cuirs de tige aussi (seule change la première), dans la mesure où l’on conserve la même part de travail manuel, la durabilité est identique. Par ailleurs, pour aller au bout de votre question, le Blake se répare plus facilement qu’un Goodyear, parce que la réparation d’un Goodyear exige que le cordonnier repasse point par point dans la trépointe, ce que les cordonniers actuels ne prennent plus le temps de faire (or, généralement, les dégâts sont tels qu’au bout de deux ressemelages, la trépointe est à jeter), tandis que dans le cas d’un Blake, il suffit de changer la première et vous avez quasiment une chaussure neuve. Nous proposons aujourd’hui trois séries complètes de modèles Goodyear – mais attention, un Goodyear cousu main ! Si un client me commande un Lupin en Goodyear, cela ne pose aucun problème. Je remarque toutefois que, paradoxalement, les prophètes du Goodyear ne se ruent pas sur notre Goodyear fait main. D’ailleurs, lorsqu’un jeune client me demande un James, qui est un richelieu à bout droit perforé classique, et que je lui fais essayer les deux versions (995 euros contre 1270), neuf fois sur dix il choisit le Blake.

Aubercy 1935, Paris - richelieu modèle EllipseAubercy 1935, Paris, rue VivienneAubercy 1935, Paris - richelieu 5 oeillets, modèle SwannAubercy 1935, Paris - richelieu 5 oeillets, modèle BeckfordAubercy 1935, Paris - loafer à bout droit, modèle WinstonAubercy 1935, Paris, rue Vivienne - modèle BartholdAubercy 1935, Paris - bottines à boutons, modèle LawrenceAubercy 1935, Paris - mocassin à pompons, modèle Solal

La philosophie Aubercy

Le choix est au cœur de l’esprit Aubercy. Choix de rester indépendant et familial, malgré les sollicitations. Choix de maintenir une qualité de construction constante en demandant à son sous-traitant des détails que celui-ci se refuse à exécuter pour les autres et qu’il ne s’impose plus à lui-même. Choix de ne pas inonder le marché à l’étranger en acceptant des offres retail inconséquentes ou incongrues. Choix enfin d’offrir à ses clients la plus grande liberté de choix. Une liberté qui va bien au-delà du simple MTO puisque la maison ne rechigne pas à honorer des demandes précises, pour autant que celles-ci ne relèvent pas du pur caprice. Comme l’explique très bien le maître des lieux, « la plupart de nos clients présentent un profil atypique compte tenu du marché actuel. Ce ne sont pas des suiveurs, ils ont déjà derrière eux une expérience du luxe, de la chaussure et de la personnalisation. Quand ce n’est pas le cas, nous nous efforçons de leur donner des éléments de compréhension. Peu importe qu’ils achètent ou non. S’ils doivent revenir, ils reviendront (sachant que la fidélité est notre meilleure récompense). Ils doivent être capables de se forger leur propre avis en fonction de critères objectifs. »

Aubercy 1935, Paris - richelieu 5 oeillets, modèle Beckord

Même forme, même conception, même travail à la main : en haut, le prêt-à-chausser, en bas, les commandes spéciales.

Aubercy, bottier, 1935 - sneakers

Des sneakers Aubercy ? Quelle drôle d’idée ! Et pourtant ! Dessinées sur la base d’une chaussure de football vintage, elles sont construites selon les mêmes procédés et avec le même soin que les autres modèles de la gamme.

Aubercy 1935, Paris - richelieu 3 oeillets, modèle Swen

MTO, vraiment ? Ce modèle de richelieu 3 oeillets à médaillon perforé, baptisé « Swen », est né d’une commande particulière, avant d’intégrer la ligne « Mesure », autrement dit le Made-to-Order. Une belle façon d’inciter les clients à donner libre cours à leurs envies.

Aubercy 1935, Paris - mocassin Lupin

Le Lupin, mocassin incontournable. N’a-t-il pas un peu phagocyté le reste de la collection ? Décliné, comme ici, en version bicolore, il est surtout vendu dans des teintes classiques. Magnifique aussi en veau velours.

Aubercy, bottier, 1935, rue Vivienne

Classique with a twist, plus facile à porter que la bottine à boutons, et autorisant toutes sortes de combinaisons de couleurs et de cuirs.

Aubercy bottier, 1935

À bon entendeur, la maison Aubercy est une maison familiale.

Aubercy
34, rue Vivienne
75002 Paris
Tél. : 01 42 33 93 61
E-mail : contact@aubercy.com

Site : http://www.aubercy.com.

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Vass Shoes, Budapest

Vass Shoes, Budapest : les chaussures faites main « Made in Hungary »

Qui connaît la chaussure hongroise ? Mais qui ne connaît pas Vass Shoes ? En moins de temps qu’il n’en faut pour voir apparaître son nom dans un moteur de recherche, la petite entreprise de Budapest est devenue la référence incontournable du Made-to-Order (l’un des meilleurs rapports qualité-prix) pour les passionnés de chaussures du monde entier. La montée en puissance des forums, et surtout du premier d’entre eux par ordre d’importance (Styleforum pour ne pas le nommer), n’est pas étrangère à ce succès, auquel participent également une poignée de revendeurs sélectionnés, notamment à Londres et à New York. À noter que Vass Shoes dispose également de deux boutiques à Budapest (pour ceux que deux heures d’avion n’effraient pas).

Vass Shoes BudapestVass Shoes BudapestVass Shoes BudapestVass Shoes BudapestVass Shoes BudapestVass Shoes Budapest

Né en 1946, László Vass commence son apprentissage à l’adolescence – un apprentissage complété par un cursus de cinq ans au Hungarian Fashion Institute et couronné par un diplôme de bottier obtenu à l’âge de 23 ans. Il travaillera ensuite pour une maison de couture locale jusqu’en 1978, date à laquelle il décide de fonder son propre atelier, sa propre marque. Son style, traditionnel, témoigne de l’héritage bottier austro-hongrois. D’aucuns pourraient le trouver un peu rustique. L’est-il moins que celui pratiqué par certains de nos amis d’outre-Manche ? Il faut dire que l’offre est pléthorique : Budapest, forme 3636, forme P2, forme K, forme R, forme Peter (intéressante au demeurant, notamment pour des chaussures équipées de semelles Vibram)… Un tournant est franchi au cours des années 2000 avec l’adoption de deux formes supplémentaires, la F et la U, nées de la collaboration de László Vass avec Roberto Ugolini. À la demande du concept-store japonais Isetan (désireux d’offrir à ses clients une ligne combinant tradition artisanale et design italien), le bottier florentin a en effet prêté son concours à la création de modèles plus internationaux, plus urbains – que l’on retrouve aujourd’hui dans la collection permanente.

Lazslo Vass

Petits détails pratiques : il est possible de passer commande d’une paire en MTO en s’adressant (en anglais) à M. Rezső Kuti, l’assistant de M. Vass. La procédure indiquée sur le site permet de choisir successivement un modèle, une forme et une (ou plusieurs) peausserie(s). Quant aux délais de livraison, compter entre six et huit semaines après le passage d’ordre.

Vass Shoes Budapest

Six questions à Rezső Kuti, bras droit de László Vass, fondateur de Vass Shoes

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Vass Shoes est connu à travers le monde pour être l’un des rares champions du Made-to-Order. Quand avez-vous compris que le MTO pouvait être pour la société une formidable opportunité de développement ? Quelles sont aujourd’hui les parts respectives du prêt-à-chausser et des commandes spéciales ?

Rezső Kuti, Vass Shoes – Nous avons débuté notre programme MTO en 2010, parce que beaucoup de gens venaient vers nous et nous demandaient : « serait-il possible d’avoir tel détail, telle couleur, telles finitions ? » Ce que nous acceptions, naturellement. Mais très vite, la demande a pris des proportions importantes, alors nous avons décidé de nous organiser, de faire mieux, en nous dotant de protocoles. Nous avons établi ce que les clients pouvaient demander et par quel canal ils pouvaient le demander. Ensuite, en 2014, nous avons renouvelé notre site Internet, qui comprend aujourd’hui un guide permettant de commander nos chaussures directement. En termes de quantité, le prêt-à-chausser et le Made-to-Order sont quasiment à l’équilibre.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Les chaussures Vass, à la différence des chaussures de nombreuses autres marques qui utilisent le mot « handmade », sont véritablement faites à la main. Pourriez-vous nous dire ce que cela signifie d’un point de vue pratique, et ce que cela implique quant à la durabilité de vos chaussures ?

Rezső Kuti, Vass Shoes – Vous avez raison, de nombreux fabricants, de nombreuses marques continuent à inscrire la mention « handmade » à l’intérieur de leurs chaussures, alors que ces dernières sont entièrement faites machines – au moyen de nombreuses machines différentes. Le fait machine en soi n’est pas un problème, mais nous pensons que faire des chaussures à la main fait partie intégrante de notre héritage. Nous avons eu l’opportunité de passer au fait machine, nous ne l’avons pas fait. Nous pensons que les chaussures ont leur personalité. Nous sommes capables de dire comment nous les avons faites, pourquoi, et le temps que cela a pris. Par ailleurs – et il s’agit là d’un point important -, nous sommes capables de les entretenir, de les ressemeler, chaque fois que nécessaire, ce qui accroît leur durée de vie d’autant. Et je ne parle pas des modifications que nous sommes à même de leur apporter.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Une vingtaine d’artisans travaillent actuellement à l’atelier. Comment sont formées les personnes qui travaillent avec vous ? Y a-t-il suffisamment de jeunes désireux de s’investir dans l’artisanat ?

Rezső Kuti, Vass Shoes – Tous nos artisans étaient déjà expérimentés lorsqu’ils ont rejoint l’atelier. Bien sûr, compte tenu de l’expérience accumulée, ils sont meilleurs aujourd’hui qu’à leurs débuts chez nous. La pratique est le meilleur professeur qui soit ; seule l’expérience permet d’atteindre la perfection. Par ailleurs, M. Vass et le chef d’atelier veillent jour après jour à ce que nos artisans respectent les règles et soient attentifs au moindre détail. Pour répondre à votre question, il y a malheureusement de moins en moins de candidats au travail manuel, spécialement dans le domaine de la chaussure.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Quels conseils donneriez-vous à un homme qui n’a jamais essayé de chaussures Vass et désire en commander une paire pour la première fois ?

Rezső Kuti, Vass Shoes – Bonne question ! Chaque bottier a son propre style, son propre design, sa façon de faire personnelle. Pour une première commande, je suggère à nos clients d’essayer l’un des modèles proposés via notre boutique en ligne. Ainsi, ils comprendront en quoi consiste notre histoire. Généralement, nous conseillons à nos clients d’essayer l’une de nos formes les plus prisées, la P2. Elle offre beaucoup de confort et d’espace pour le pied. Un derby Budapest est une pièce classique. Tous les hommes devraient en posséder une paire.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Quel est votre modèle préféré ?

Rezső Kuti, Vass Shoes – M. Vass préfère le Budapest, un derby basé sur la forme P2. Personnellement, je dirais un richelieu, le modèle n° 1065, basé sur une forme F. Question de générations ! Dans les deux cas, dans un box-calf français !

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Quel est le secret d’une belle ligne de chaussure ?

Rezső Kuti, Vass Shoes – C’est une question cruciale, l’une des plus difficiles, en fait. Je dirais : les proportions et les détails. Idéalement, le bout de la chaussure ne doit être ni trop court ni trop long. Même chose pour la partie médiane. Le choix du cuir et le cirage sont également très importants. Mais je pourrais citer également une foule de petits détails qui n’en sont pas : les surpiqûres, par exemple. Tout compte, en fait.

http://www.vass-shoes.com

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Le smoking par Brahim Bouloujour

Brahim Bouloujour, tailleur, Meilleur Ouvrier de France : parce qu’il y a smoking et smoking

Je vous l’avais présenté en début d’année, je ne résiste pas à l’envie de vous parler à nouveau de lui : Brahim Bouloujour, pour mieux mettre en avant la méticulosité de son travail. Si vous avez lu l’interview d’Aaliyah Picanso et Joris Duval publiée ici même il y a une dizaine de jours, vous vous souviendrez peut-être que le co-fondateur de Vigo y citait le smoking de Brahim Bouloujour comme l’une des origines de sa vocation.

Toute personne tant soit peu intéressée à l’art tailleur sait que la veste de smoking n’est pas la pièce la plus facile à réaliser, loin s’en faut. Combien de tailleurs renommés, combien d’apiéceurs expérimentés ne s’y sont-ils pas cassé les dents ? L’application des revers à la main requiert une maîtrise à laquelle ne nous ont pas habitués les trop nombreux exemples de prêt-à-porter douteux ou de demi-mesure à prix cassés (or, un smoking étant par définition une pièce intemporelle, ne saurait être en aucun cas considéré comme du consommable ; mieux vaut en envisager l’achat comme un investissement à long terme).

Ce smoking pie, dans la plus pure tradition Smalto, est celui grâce auquel M. Bouloujour a gagné le concours de Meilleur Ouvrier de France dans la catégorie Tailleur en 2008. Impossible de tricher quand la moindre imperfection s’écrit en minuscules points à la main sur un tissu qui marque ! Et je ne parle pas seulement des finitions. Regardez bien l’intérieur de cette veste : il est aussi propre, aussi soigné que le laisse présager la construction de l’ensemble. Alors que certains tailleurs (je ne citerai personne) ont parfois tendance à reléguer les défauts sous la doublure (un peu comme on cacherait la poussière sous le tapis pour ne plus la voir), tout le travail de l’artisan honnête consiste à parfaire avec le même acharnement ce qui se voit et ce qui ne se voit pas. Serait-ce là le signe évident de l’excellence française ? Il en ferait presque regretter de ne pas être riche. Le seul inconvénient de ce smoking, en effet : une fois que vous l’aurez en mémoire, il vous sera difficile d’en vouloir un autre.

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Vigo Couture Paris

Vigo Paris : la petite maison de couture qui a tout d’une grande

Un appartement-atelier sous les toits, à deux pas de l’Opéra et des grands magasins. C’est là que vivent et travaillent Joris Duval et Aaliyah Picanso, fondateurs de la marque Vigo. Elle est américaine, il est français. Il a 28 ans, elle en a 21. Ils se sont rencontrés via Instagram. Leur credo ? Offrir aux femmes des vêtements faits main à leurs mesures. Et ça marche ! En seulement un an, et avec Internet pour seule arme, le duo a déjà trouvé sa clientèle : des femmes habituées aux grandes marques de luxe et désireuses d’une expérience plus complète. De fait, Vigo ne propose ni un prêt-à-porter fait main à la manière de Kiton, ni de la grande mesure au sens strict (bien que la grande mesure puisse aussi être envisagée), mais un mixte des deux. En pratique, cela signifie que les modèles Vigo sont des créations originales donnant lieu à un patronage individuel et à plusieurs essayages, selon l’usage. Le choix du tissu est laissé à la liberté de la cliente. Quant au travail, il est fait main et sort directement de l’atelier.

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Entretien avec Aaliyah Picanso et Joris Duval, créateurs de Vigo Paris

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Vous vous êtes connus via un site de partage de photos. Expliquez-moi comment s’est passée votre rencontre.

Aaliyah Picanso, Vigo Paris – C’est moi qui ai fait le premier pas. Je lui ai dit « Bonjour », en français. Ensuite, nous avons discuté pendant trois mois avant de nous rencontrer pour de vrai. J’habitais encore New York, à cette époque. Tout s’est fait très naturellement. Au début de notre relation, on parlait beaucoup en anglais. Nous n’avions pas le choix. Ensuite, j’ai commencé à apprendre et la situation s’est inversée.

Joris Duval, Vigo Paris – Elle est très gentille de dire ça. En réalité, en bon Français que je suis, c’est-à-dire nul en langues étrangères, je ne parlais pas un mot d’anglais. En même temps, communiquer était tellement difficile que tout était très sincère entre nous. C’est compliqué de ne pas être sincère quand tu cherches tes mots et que tu dois constamment faire des efforts pour te faire comprendre. Par la suite, on s’est simplement laissé porter.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Toi, Joris, que faisais-tu à ce moment-là ?

Joris Duval, Vigo Paris – J’étais apiéceur pour de grands ateliers parisiens. Tu veux que je te raconte toute l’histoire ? J’ai commencé à coudre à l’âge de 14 ans, pour moi ; je me faisais des jeans, des t-shirts, des blousons. Après le baccalauréat, j’ai rejoint une école de stylisme-modélisme, mais je n’étais pas assez doué pour le stylisme pour espérer en faire un métier. En revanche, j’adorais la couture, les patronages, j’en faisais beaucoup, c’était ce qui me passionnait. J’avais visité l’Association Formation Tailleur (l’école des tailleurs à Paris), j’avais vu le smoking de Brahim Bouloujour grâce auquel il avait gagné le concours de Meilleur Ouvrier de France, et je savais que je voulais apprendre ce métier. En attendant d’avoir les moyens de m’inscrire, j’ai donc obtenu mon diplôme de stylisme-modélisme, puis j’ai travaillé deux ans dans le prêt-à-porter – une expérience à la fois frustrante et enrichissante. Au moment où j’entrais à l’AFT, j’ai découvert par hasard le film Borsalino, qui a transformé radicalement ma vision du vêtement. En voyant Belmondo et Delon porter les costumes de Maurice Breslave, je me suis dit : « C’est à ça que doit ressembler un homme, je vais donc m’habiller comme ça ». J’ai jeté mon ancienne garde-robe, et comme je n’avais les moyens de m’habiller en mesure, j’ai pris la décision de me faire mes costumes moi-même. J’ai quitté l’AFT avant la fin du cursus. Mon professeur avait quitté l’école pour des raisons administratives. Il est devenu peu à peu mon mentor. Il me laissait faire mes propres erreurs et me corrigeait. Le soir, je travaillais chez moi en fonction des conseils qu’il me donnait. C’est comme ça que j’ai monté mon atelier, d’abord pour progresser personnellement, et que je me suis mis à travailler à la pièce pour les grandes maisons. Je ne voulais pas entrer dans un atelier pour ne pas dépendre du style d’une maison. Je suis très naïf. Je crois toujours que seul le travail est la clef de la réussite. Je faisais donc les choses dans mon coin en me disant : « De toute façon, je vais finir par intéresser quelqu’un ». Les choses en ont décidé autrement. Il y a deux ans, je me suis associé à un autre ancien élève de l’AFT dans le cadre d’un projet de prêt-à-porter pour homme entièrement fait main qui n’a pas décollé. Puis j’ai rencontré Aaliyah. Dès le début, elle s’est montrée passionnée par mon travail – ce qui est capital pour un artisan. Elle me regardait travailler pendant des heures, et, lorsqu’elle ne comprenait pas quelque chose, me posait toutes les questions qui lui venaient. Son œil s’est formé très vite, à tel point que j’en suis le premier surpris. Non pas que je ne croie pas en ses capacités… C’est la preuve que la curiosité et l’envie peuvent pallier efficacement une longue habitude du vêtement.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Comment est née Vigo ?

Aaliyah Picanso, Vigo Paris – J’étais à Londres pour le travail, je devais faire des repérages pour une créatrice de chaussures, mais comme je ne connaissais pas bien la ville, j’avais demandé à Joris de me rejoindre. Pendant le week-end, il m’a fait découvrir Savile Row. J’étais très impressionnée, émerveillée même, je découvrais un univers dont je ne soupçonnais rien. Au cours de l’après-midi, comme nous finissions notre tour du quartier, j’ai aperçu une boutique pour femmes qui vendait des jupes dans un style un peu ancien, avec beaucoup de volumes. À cette époque, je dois dire que j’étais plutôt intéressée par le style que par la qualité. Nous sommes entrés, il a commencé à toucher… et à critiquer aussitôt. C’est bien simple, rien ne lui plaisait. Ni la qualité des tissus, ni la fabrication, ni les détails. Il trouvait tout bas de gamme. Le prix le choquait aussi beaucoup, compte tenu du coût réel des produits. En sortant, nous sommes allés boire un café. Je voulais en savoir plus sur ce qui allait, ce qui n’allait pas.

Joris Duval, Vigo Paris – De mon côté, j’avais déjà un projet en cours, je voulais faire du prêt-à-porter pour homme, mais du prêt-à-porter fait main, pour ne pas rompre avec ma formation et mes compétences. Comme elle avait l’air sincèrement intéressée par notre conversation, et que par ailleurs elle a fait une école de marketing, je lui ai proposé de m’aider…

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Et ?

Joris Duval, Vigo Paris – Et, à ma grande surprise, elle m’a dit non.

Aaliyah Picanso, Vigo Paris – J’ai dit non, je lui ai dit : « Si on commence quelque chose ensemble, on fait quelque chose de nouveau, je ne te rejoins pas sur un projet préexistant ». Je lui ai donc proposé de rebondir sur ce que nous avions vu en créant une collection pour femme réalisée à la main dans les règles de l’art. Et là, il a dit oui sans hésiter.

Joris Duval, Vigo Paris – Je crois que cela correspondait chez moi à un besoin réel. J’adore travailler pour l’homme, c’est passionnant parce qu’il faut être rigoureux, précis d’un bout à l’autre, mais en un sens ça ne m’amuse plus autant qu’avant. Avec la femme, j’ai tout de suite compris quelles possibilités s’offraient à nous en termes de création. Il y a tellement plus de choses à inventer ! C’est ainsi que tout a commencé, au Starbucks Coffee de Vigo Street. D’où le nom, qui n’est peut-être pas le choix le plus judicieux, je le reconnais. En même temps, nous ne nous voyions pas en prendre un autre.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Vous avez démarré votre activité l’année dernière en misant sur un style hors mode, très inspiré par les années 1950-1960.

Joris Duval, Vigo Paris – Dès notre retour de Londres, j’ai commencé à chercher une idée qui nous permette de nous démarquer. La perfection technique n’était pas le seul critère à prendre en compte, il nous fallait aussi innover. Paradoxalement, nous sommes partis sur une idée très old school du vêtement féminin, en misant sur le glamour et le romantisme. Avec Aaliyah, nous travaillons vraiment main dans la main. Elle dessine les modèles, je réalise les patronages, je découpe, je couds, je fais les essayages. En revanche, c’est elle qui gère la partie marketing et communication. Notre culture première étant la grande mesure pour homme, nous avons décidé de reprendre de l’homme tout ce qui était utile – et seulement ce qui était utile. Nous ne voulions pas donner l’impression de faire du folklore ou de surfer sur la mode du tailoring. Pour la jupe, nous avons dû développer un nouveau système de fermeture.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – La silhouette très graphique de vos modèles convient-elle à toutes les morphologies ?

Joris Duval, Vigo Paris – Oui, car nous adaptons systématiquement nos modèles de manière à conserver les proportions. De fait, nous ne vendons ni du prêt-à-porter fait main, ni de la grande mesure, mais quelque chose entre les deux. Nous créons des modèles que nous réalisons à la main aux mesures de la cliente. C’est à la fois un travail de tailleur et de créateur. Étant entendu que nous pouvons faire du sur mesure aussi.

Laurent Le Cam, Milanese Special Selection – Comment avez-vous trouvé vos premières clientes ?

Aaliyah Picanso, Vigo Paris – Grâce à Internet. J’ai commencé à poster des photos de moi portant les premiers modèles de la collection. Les premières personnes intéressées trouvaient les modèles trop chers. Pas grave ! J’ai encouragé les suivantes à venir nous voir à l’atelier pour qu’elles se rendent compte du travail par elles-mêmes et qu’elles comprennent les étapes de la fabrication. C’est comme ça que tout a commencé. Notre première cliente voulait la réplique exacte d’une des jupes qu’elle avait vues sur moi, celle avec le tissu vintage et la ganse. Plusieurs sont venues pour des occasions particulières. Nous voulons désormais élargir notre portefeuille de clientes.

Joris Duval, Vigo Paris – Par ailleurs, nous allons pouvoir étoffer notre gamme. Après les deux premiers modèles vintage, nous avons créé la jupe tulipe. Il nous faut maintenant présenter une veste répondant à la même exigence de qualité. C’est un défi parce qu’il ne s’agit pas seulement de faire une veste pour femme en copiant une veste en grande mesure pour homme. Les volumes n’ont absolument rien à voir. Mais je ne suis pas inquiet. Cela fait des mois que je réfléchis à un patronage. Tout est là (il montre sa tête). D’ailleurs, je vais la couper la semaine prochaine. Pour dire la vérité, dans ma tête, j’en suis déjà au manteau. Nous n’en sommes qu’au tout début de l’aventure !

http://www.vigoparis.com
+39 (0)6 29 98 18 41

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Gran Sasso, Automne/Hiver 2016-17

Gran Sasso 2016-17 : pour un hiver tout en douceur

Ça y est, c’est officiel, la collection Gran Sasso Automne/Hiver 2016-17 est disponible, à la fois en ligne (via le site de la marque) et en boutique (Gran Sasso étant l’une des marques italiennes les mieux représentées en France). J’avais eu tout loisir de la découvrir en début d’année à l’occasion de l’édition hivernale du Pitti Uomo, elle est produite, livrée, accessible, enfin, au terme d’un processus qui peut sembler un peu obscur ou curieux. Il faut comprendre en effet qu’un nombre non négligeable de modèles exposés dans les foires et les salons ne passe pas le cap des magasins. Une collection représente avant tout des propositions. Parmi ces propositions, certaines seront validées par un nombre suffisant d’acheteurs, autrement dit commandées en nombre suffisant pour être mises en production le moment venu, d’autres sont condamnées à rester lettre morte au fond d’un tiroir. Ce qui explique notamment que, parmi les photos qui suivent, sont présents des modèles que le client final ne pourra pas acheter, soit que son revendeur le plus proche ne les ait pas retenus, soit, tout simplement, qu’ils n’aient donné lieu qu’à un prototype. Quant à la boutique en ligne, on comprendra aisément d’y trouver surtout les coloris les plus sobres, susceptibles de plaire au plus grand nombre. Que l’on se rassure cependant : la sélection opérée par la marque, toute raisonnée qu’elle soit, reste pléthorique, avec notamment de très belles vestes droites en maille, et, pour les plus affûtés d’entre vous, un gilet croisé particulièrement élégant, à porter sous une veste de costume. De quoi passer un hiver douillet et raffiné !

Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17Gran Sasso, collection Automne/Hiver 2016-17

Le cardigan à torsades 100% cachemire : un grand classique Gran Sasso

Dans l’attente des grands froids, j’ai choisi de porter l’accent sur un grand classique de l’hiver chez Gran Sasso, présent depuis bientôt vingt ans au catalogue : le cardigan à torsades 100% cachemire. On y retrouve les ingrédients de la marque : une maille souple, légère, facile à porter en toutes circonstances, très italienne dans l’esprit, bien que le fil, noblesse oblige, provienne directement de la plus grande filature écossaise spécialisée, Todd & Duncan. Une pièce de choix, donc, vendue à un prix presque raisonnable : 560 euros. D’autres couleurs sont également disponibles sur le site, ainsi qu’une déclinaison zippée, contrastée ou non (passepoil en alcantara). Bonne visite !

cardigan torsades Gran Sasso 100% cachemirecardigan torsades Gran Sasso 100% cachemirecardigan torsades Gran Sasso 100% cachemire

 

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Kired, l’outerwear « Made in Italy »

Kired : avec un K, comme Kiton

Peu de gens le savent, mais Kired ne s’est pas toujours appelée Kired. Avant son rachat par le Napolitain Kiton, autrement plus connu pour son prêt-à-porter de luxe entièrement réalisé à la main, cette entreprise parmesane née en 1986 portait le nom de Wonderland. Spécialisée déjà dans les pièces à manches, avec un net penchant pour les vêtements de pluie, elle a pris un nouvel essor depuis l’ouverture, en 2008, d’une nouvelle unité de production à Collecchio, en Emilie-Romagne – un Made in local, donc, gage d’authenticité.

Kired raincoat / imperméable

Positionnée haut de gamme, la marque au logo frappé d’un point rouge ne se limite pas aux trench, parkas et autres imperméables, mais propose aussi, au gré des collections, des blousons et des vestes en cuir. Côté couleurs, on trouve toute la palette des bleus et des gris, assortis ou non de discrets rappels au costume (rayures tennis, motifs Prince de Galles ou pied-de-poule) : une manière inédite de se distinguer. Pas étonnant, dès lors, que même les boutiques françaises, d’ordinaire réticentes à l’idée d’importer des marques italiennes peu médiatisées, s’intéressent de très près à celle-ci.

Kired raincoat fabricsKired raincoat fabricsKired raincoat fabrics

Plusieurs boutiques parisiennes distribuent les produits Kired : l’inimitable Cairns, boulevard de Courcelles, Avedis, rue Saint-Honoré, Willman, Maison Maxence, porte Maillot, Barry Ross, non loin des Champs-Elysées, et Coup de charme.

Kired raincoat / imperméable

Kired, collection Automne/Hiver 2016-17

Ayant eu le plaisir de découvrir la collection Automne/Hiver 2016-17 au moment de sa présentation, je vous en livre ici quelques morceaux choisis : deux parkas d’apparence classique, chacune dotée d’un gilet en doudoune amovible très pratique en cas de grand froid, et un imperméable croisé particulièrement habillé. Dans chaque cas, l’isolation est parfaite.

Kired parkaKired parkaKired parkaKired parkaKired parkaKired parkaKired parkaKired parkaKired parkaKired parka

L’imperméable croisé par Kired

L’imperméable présenté ici emprunte sa forme au manteau de polo, très en vogue depuis quelques années (notamment depuis que les icônes italiennes de la mode, Lino Ieluzzi en tête, ont eu la bonne idée de le remettre à l’honneur). Il est doublé et partiellement matelassé pour plus de confort. La coupe est volontairement ajustée, la martingale (fixe) jouant à plein son rôle. On regrettera cependant certaines finitions, comme le rabat du col, trop mince pour recouvrir complètement la doublure. L’identité de la marque, elle, est parfaitement identifiable. Non seulement cet imperméable Kired est doté d’une vraie personnalité, mais il égaye une offre passablement austère et monotone. Un vrai tout-en-un, confortable et original !

Kired raincoatKired raincoatKired raincoatKired raincoat

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Veste d’été Gaiola-De Petrillo

La veste d’été croisée Gaiola/De Petrillo : mode mais pas que…

Fort de son succès au Japon, De Petrillo s’agrandit (l’entreprise comptait jusqu’à présent 26 employés) pour s’adapter à une demande en hausse. Il faut dire que la veste dite « napolitaine » s’exporte de mieux en mieux, et que les amateurs de légèreté trouvent à s’habiller facilement avec les deux marques-sœurs Gaiola et De Petrillo déjà connues des lecteurs de MSS. J’ai choisi aujourd’hui de vous faire découvrir un modèle été, taillé dans un tissu particulièrement léger qui ne fait pas partie de la collection courante mais néanmoins très représentatif du style de la maison.

Comme vous pourrez le voir sur les images suivantes, les revers sont placés très haut (il faut bien sacrifier à la mode), leur pointe est légèrement arrondie, plus douce que celle de la plupart des revers a lancia sur-représentés cette année, à Pitti ou ailleurs. Les carreaux, difficiles à accorder, sont parfaitement alignés, aux épaules mais aussi dans le dos, ce qui témoigne d’un travail sobre et soigné. Les boutonnières, faites machine, sont néanmoins fonctionnelles (dommage que les boutons soient en plastique). Contrairement à l’usage courant, la veste est doublée (un vrai plus, d’autant que le travail de doublure est très propre). Seul bémol : elle « tire » un peu, conformément à un usage typiquement napolitain qui tend à se répandre de plus en plus. Il suffit de regarder les vestes Orazio Luciano, Dalcuore ou d’autres, pour comprendre à quel point la coupe ajustée est entrée dans les mœurs, au détriment d’une compréhension en profondeur de la culture tailleur. Parenthèse fermée. Car les principaux atouts de la veste Gaiola sont la légèreté et la polyvalence. Sur ce créneau de prix, à part Gabo, la concurrence est encore quasiment inexistante.

Gaiola-De Petrillo double breasted jacket, veste croiséeGaiola-De Petrillo double breasted jacket, veste croiséeGaiola-De Petrillo double breasted jacket, veste croiséeGaiola-De Petrillo double breasted jacket, veste croiséeGaiola-De Petrillo double breasted jacket, veste croiséeGaiola-De Petrillo double breasted jacket, veste croisée

Faut-il porter une veste croisée l’été ?

Oui, bien sûr, à condition que le tissu s’y prête, comme c’est le cas ici. La veste croisée étant une pièce formelle, choisir un tissu formel ne pourra avoir qu’un seul effet : donner à croire que vous avez dépareillé une veste de costume. Oubliez. En marge du classique blazer, il convient donc de choisir un tissu de veste adapté à la saison, par exemple un mélange coton/lin, ou laine/soie, ou une très belle qualité de coton ou de lin. Côté pantalon, le choix le plus simple et le plus raisonné reste encore celui du pantalon à plis, à pinces ou non, dans un tissu compatible avec celui de la veste (de même qu’il existe des accords de couleurs à respecter, certains accords de matières sont criards). Le jeans n’est pas exclu, sous réserve de sobriété. En revanche, le chino peut vite s’avérer problématique, à cause de l’effet « tube ». Dans tous les cas, les baskets sont à proscrire ABSOLUMENT. Ne cédez pas à l’intoxication médiatique !

Gaiola-De Petrillo, Laurent Le Cam

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Gianfranco Bommezzadri

Gianfranco Bommezzadri : et Parme inventa la couture !

Dans la région de Parme, on entend souvent parler de Caruso (pardon, de la Fabbrica Sartoriale Italiana), et moins de son voisin et concurrent direct, Gianfranco Bommezzadri. Un concurrent plus petit, certes, si l’on raisonne uniquement en termes de taille, mais non moins méritant, et dont la croissance continue au fil des années en dit long sur le crédit qu’il a su acquérir auprès de ses partenaires internationaux. Je vous en parlais il y a quelques mois, l’entreprise parmesane (60 ans d’existence cette année) multiplie les labels (ma préférence allant vers Paideia, peut-être un peu plus difficile d’accès) mais travaille aussi pour de grands comptes dont, bien entendu, je tairai le nom.

Ayant été invité à visiter les ateliers il y a quelques semaines, je n’ai pas été étonné d’y découvrir une double culture du vêtement, à la fois industrielle et artisanale. Je n’en donnerai qu’un exemple. Peu d’entreprises textiles sont aujourd’hui capables de proposer un entoilage digne de ce nom. Parmi celles qui s’y emploient, on compte quelques noms connus (Canali, Corneliani, Caruso, déjà cité) et quelques PME, le plus souvent familiales, disséminées en Italie et connues seulement des spécialistes. La question est : qu’est-ce qui distingue un entoilé 100% industriel d’un entoilé Bommezzadri ? Et la réponse n’est pas seulement : le temps passé, bien qu’il s’agisse d’un élément important, mais surtout la nature des opérations et l’ordre dans lequel ces opérations sont réalisées. Alors que, dans un cas, les quantités à produire impliquent une taylorisation intégrale du processus, autrement dit une chaîne transitive parfaitement immuable, dans l’autre, la logique artisanale autorise des allers-retours entre deux étapes, entre deux postes, et, le cas échéant, des entorses à la productivité. Il n’est pas question de dire que l’organisation d’une petite unité comme Bommezzadri est irrationnelle (elle ne l’est pas, en témoigne par exemple la découpe des tissus), mais qu’elle conserve quelque chose de l’esprit tailleur qui était sa raison d’être à l’origine, quand monsieur Gianfranco Bommezzadri s’occupait uniquement de répondre aux quelques centaines de commandes mensuelles émanant des magasins de demi-mesure de la région. Il n’est pas question non plus de dénigrer un travail industriel qui reste de bonne qualité (voire, dans certains cas, de très bonne qualité), il s’agit simplement de délimiter les frontières des uns et des autres. Or, ces frontières ne sont pas poreuses.

Autre fait dont je n’ai pas été surpris, et qui mérite toute notre attention : bien qu’il ait cédé la direction de l’entreprise à son fils, Enrico, Gianfranco Bommezzadri, 79 ans, continue à veiller sur sa bonne marche. Premier arrivé, à 8 heures 30, il n’est pas rare qu’il quitte l’usine le dernier. Pour l’avoir vu à l’œuvre (ou, pour mieux dire, à la manœuvre), je peux assurer qu’il est loin d’y faire de la figuration. Tandis que son fils gère le bureau de style et les relations commerciales, le patriarche a un œil sur tout et ne se prive pas de mettre la main à la pâte. Une belle leçon entrepreneuriale qui n’est pas sans rappeler, là encore, le métier de tailleur – bien que la comparaison s’arrête là. Comme je le répète souvent (et le constate encore plus), mieux vaut un bon prêt-à-porter qu’une mauvaise mesure. Plus de photos prochainement.

Gianfranco Bommezzadri : visite de l’usine en images

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Bresciani socks

Les chaussettes Bresciani ont le vent en poupe. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Peu de fabricants de chaussettes offrent une telle variété de couleurs, de motifs, une telle recherche en termes de style. En outre, peu de marques proposent autant de références de mi-bas. Forte de ses 46 ans d’expérience (et d’un catalogue monumental de 6000 dessins), la petite entreprise bergamasque diffuse aujourd’hui partout dans le monde. Elle est particulièrement appréciée chez nous (même si, comme se plaisent à le répéter les Italiens, « le marché français est difficile »), où les chevrons, rayures et autres motifs pied-de-poule ont de plus en plus d’adeptes. Invité par Massimiliano Bresciani à visiter l’usine, j’avoue avoir été surpris par le mélange de modernité et d’expérimentation qui y règne. Bresciani est une petite structure qui, par certains aspects, n’est pas sans évoquer un laboratoire.

Bresciani socks : visite de l’usine en images

Première étape de la fabrication d’une chaussette Bresciani : le fil, bien sûr. Certains sont fins, d’autres extrêmement fins ; tous doivent être suffisamment résistants pour supporter l’épreuve du tissage, et, pire encore, celle de journées de marche. Du coton à la soie en passant par le lin et la vigogne (snobisme oblige – même s’il n’y a aucun sens à porter des chaussettes en vigogne), toutes les matières naturelles ou presque sont représentées.

Bresciani socksBresciani socksBresciani socks

Deux collections par an, une centaine de variantes par saison, et des machines dernier cri, si rapides qu’il faut y regarder à deux fois avant de comprendre comment elles fonctionnent. Temps moyen de tissage : dix minutes. Le volume sonore de la grande salle n’est pas aussi élevé que dans une usine de tissu. Néanmoins, mieux vaut ne pas avoir à y tenir une conversation suivie.

Bresciani socksBresciani socksBresciani socks

Rien ne remplace le contrôle visuel. Afin de détecter d’éventuels défauts, une ouvrière inspecte les chaussettes une à une en les passant sur un tube. Au moindre accroc, celles-ci seront remaillées à la main. À moins qu’elles ne réintègrent un nouveau cycle de fabrication.

Bresciani socksBresciani socksBresciani socks

Placées sur des formes chauffantes, série après série, après lavage, les chaussettes sont ensuite appariées, cousues ensemble au moyen d’un fil de couleur et dotées d’une fine feuille de papier pour absorber d’éventuelles traces d’humidité. Elles sont désormais prêtes à être expédiées. Contrairement à des unités industrielles plus importantes, Bresciani socks offre une grande souplesse de service aux détaillants, notamment en termes de réassort, qui se traduit pour le client final en un choix plus vaste.

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Piacenza Cashmere

Piacenza Cashmere : les tissus précieux à l’honneur

Le logo figure un chardon, le moyen le plus délicat, le plus sûr et le plus constamment utilisé pour carder la laine, et particulièrement les laines précieuses. Le symbole de Piacenza Cashmere depuis 1733, date de la première archive conservée à Pollone (un incendie déclaré en 1812 ayant fait disparaître une partie des documents familiaux). Il faut comprendre qu’à l’origine, toutes les opérations liées au travail de la laine, de la filature au tissage et au finissage, étaient réalisées à domicile par les habitants de la région.

C’est Carlo Antonio Piacenza qui, à l’aube de la première révolution industrielle, va offrir une nouvelle impulsion à l’entreprise, d’abord en ouvrant deux nouveaux sites, puis, aidé de son fils Giovanni, en mécanisant progressivement la production. Quant à la prédilection de Piacenza pour le cachemire, elle est intimement liée à l’histoire de Mario Piacenza, alpiniste émérite (il gravit le mont Cervin en 1911), tombé littéralement amoureux de cette matière au cours d’une expédition en Chine (pour plus de détails sur la chronologie de Piacenza 1733, voir notre article de 2012). Fratelli Piacenza est aujourd’hui incarnée par la 14ème génération de Piacenza impliquée dans l’entreprise, la 9ème à diriger l’activité de A à Z.

Il y a deux semaines, j’ai eu la chance d’être invité à visiter l’usine ultra-moderne de Pollone. L’occasion d’un reportage rare, que les lecteurs de Milanese Special Selection apprécieront, je l’espère, autant que moi.

Piacenza Cashmere

Piacenza Cashmere : visite de l’usine en images

Commençons par la fin, c’est-à-dire par le produit fini, en l’occurrence ici de la vigogne, symbole de l’excellence des qualités produites par Piacenza.

Piacenza Cashmere - vicunaPiacenza Cashmere - vicuna

Les photos qui suivent montrent des mélanges laine/cachemire, étant entendu que l’entreprise travaille quasiment toutes les fibres, de l’angora au poil de chameau, du lin au mérinos australien ; étant entendu également qu’au chapitre des laines peignées, ne figurent au catalogue que des grades élevés, Super 150’s et supérieurs.

Piacenza CashmerePiacenza Cashmere

Réceptionnée à l’usine pour un premier contrôle, la matière brute est filée et teinte non loin. Piacenza dispose également d’unités de teinture en interne pour les tissus réalisés à partir de fils écrus. Chaque lot reçu donne lieu à un test afin de vérifier la finesse et la résistance de la fibre, mais aussi la conformité de la livraison.

Piacenza CashmerePiacenza Cashmere

Etape indispensable, l’ourdissage est également la plus spectaculaire. Placées dans de grandes cages métalliques, les innombrables bobines utiles à la préparation sont patiemment dévidées jusqu’à former la future chaîne du tissu. Une chaîne vérifiée avec la plus grande méticulosité. Un fil cassé, et toutes les opérations ultérieures risqueraient d’être compromises. Ci-dessous, le rouleau prêt à l’emploi. Le dessin du tissu s’y lit déjà en filigrane.

Piacenza CashmerePiacenza CashmerePiacenza Cashmere

De nos jours, les bras pneumatiques ont remplacé les antiques navettes et s’échangent le fil de trame au centre du métier à tisser à une vitesse difficilement concevable. Pour mieux vous faire comprendre le fonctionnement de la machine, le préposé est d’ailleurs contraint d’immobiliser celle-ci à l’instant où les deux bras se rejoignent.

Piacenza CashmerePiacenza Cashmere

Les finissages, nombreux, dépendent du toucher souhaité par le concepteur du tissu. Dans cette grosse machine, le tissu brut, encore rêche, est plongé dans une solution savonneuse et happés par de puissants rouleaux. Il en ressort adouci et amolli. Mais ce n’est peut-être que le début de sa transformation. Dernière étape, les tissus précieux sont placés à sécher 24 heures dans une pièce réfrigérée.

Piacenza CashmerePiacenza CashmerePiacenza CashmerePiacenza Cashmere

Les chardons, rangés à la main sur des rails, exactement comme dans l’ancien temps, sont placés sur des machines modernes. Ce procédé, dix fois plus long que le cardage métallique, est un gage de douceur et de durabilité. Il est réservé au cachemire et à la vigogne.

Piacenza Cashmere

Des contrôles qualité ont lieu à chaque étape de la fabrication. Les défauts, parfois quasiment invisibles, sont notés à la main puis reportés au moyen d’une fiche informatique, soit pour correction lorsqu’une correction est possible, soit pour indiquer au client les endroits à ne pas prendre en compte.

Piacenza CashmerePiacenza CashmerePiacenza Cashmere

Le traitement de l’eau utilisée tout au long de la fabrication représente un aspect très important. Depuis les années 1980, Piacenza Cashmere dispose de sa propre centrale d’épuration attenante à l’usine. Plus incroyable, la société est habilitée à reverser cette eau après traitement. Ci-dessous, le document officiel autorisant l’entreprise à utiliser l’eau du torrent voisin. C’était en… 1750.

Piacenza CashmerePiacenza Cashmere

Le site de Pollone, à quelques kilomètres de Biella. 200 personnes y travaillent en permanence. Comparé aux géants du secteur, Piacenza Cashmere produit peu, quelques centaines de milliers de mètres par an. Des quantités qui témoignent de la volonté de la famille de se concentrer sur le haut de gamme et de privilégier le service.

Piacenza CashmerePiacenza 1733 - Alashan Cashmere

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